Consolidated PB4Y-2S Privateer (N°7)

Voici quelques photos de mon Consolidated PB4Y-2S Privateer. Dérivé du bombardier B-24 Liberator, dont il conserve les dimensions générales, le Privateer s’en distingue par des moteurs plus puissants et par une dérive unique de grandes dimensions remplaçant les deux empennages verticaux d’origine. Commandé en avril 1943 par l’US Navy et construit à 736 exemplaires jusqu’en octobre 1945, il fut armé de six tourelles de mitrailleuses jumelées de 12,7 mm et pouvait emporter plus de quatre tonnes de bombes dans ses soutes.

Au début des années 1950, l’Aéronautique navale française cherche à renouveler ses appareils de surveillance maritime, alors tous issus de la période 1943-1945 et devenus vétustes. Les Américains acceptent de prélever sur leurs stocks une trentaine de PB4Y-2, pris en compte à partir de novembre 1951 sous la désignation P4Y-2. Ces appareils équipent deux unités de l’Aéronavale de 1950 à 1955 : la flottille 8F, renommée 28F, et la 24F, créée en 1954. Les premiers Privateer arrivent en Indochine française sur la base de Tan Son Nhut, près de Saïgon, le 24 novembre 1950.
Basé à Cat Bi, près de Haïphong, le Privateer devient l’une des pièces maîtresses de l’appui aérien français au Tonkin, où sa puissance de feu exceptionnelle en fait la canonnière volante préférée des états-majors. Il joue un rôle déterminant lors de la bataille de Na San, puis lors de la bataille de Điện Biên Phủ, où la flottille 28F, forte de huit appareils seulement, effectue 164 missions et 630 heures de vol entre le 13 et le 31 mars 1954, bombardant concentrations de troupes, positions de DCA et voies d’accès au camp retranché. La défense antiaérienne viêt-minh se révèle redoutable : un Privateer est abattu le 12 avril 1954, sans survivant. La dernière mission au profit de la garnison encerclée a lieu le 7 mai 1954, jour même de la capitulation.
Après le retrait d’Indochine, la 28F, rééquipée avec les Privateer de la 24F dissoute, quitte Saïgon en mars 1956 pour rejoindre l’Afrique du Nord, où l’appareil participe aux opérations de la guerre d’Algérie. Ses missions y sont variées : appui aux corvettes et avisos de la Marine nationale dans l’arraisonnage des cargos suspectés de trafic d’armes au profit du FLN, surveillance des sous-marins soviétiques croisant en Méditerranée occidentale, mais aussi éclairage nocturne des cibles au moyen de roquettes au phosphore et de bombes fumigènes, au profit des Skyraider de l’Armée de l’Air et des Corsair de l’Aéronavale.
Usés par plus de dix mille heures de vol et incapables, dès 1959, d’emporter des charges utiles à des altitudes correctes, les Privateer français cessent toute activité en décembre 1960.

L’appareil ici représenté et numéroté 7 appartenait à la flotille 24F. Il était basé à Tan Son Nhut, en Indochine, en Juin 1954.  

La maquette est de marque Revell à l’échelle 1/72ème.